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Confluents

désir d'autrui


Théorème
Pier Paolo Pasolini
(1968)

Dans les années 60, l'acteur britannique Terence Stamp incarnait avec fulgurance ce charme démoniaque, et cette beauté sauvage, qui se lisent encore sur son visage. En le projetant au sein d'une famille riche, ce sont toutes les valeurs désuètes de la bourgeoisie italienne que Pasolini fait volet en éclats. La grâce trouble de cet étranger, émissaire divin, qui fait vaciller tour à tour chaque membre de la famille dans le péché, enrobe de mystère la nature profonde de chaque individu. Il les révèle à eux-mêmes, et les égare d'autant plus. Cette triste famille, enfermée consciemment dans des valeurs religieuses et morales, prend alors conscience de l'essence même de l'existence. L'amour et la passion dévorent leurs corps et leurs cœurs, et les rejette dans une culpabilité profonde dont ils ne peuvent s'absoudre. Ecrasés sous le poids d'une authenticité trop lourde à assumer, ils erreront vers d'autres horizons, sans jamais retrouver le bonheur de cet instant charnel partagé avec cet étrange visiteur. Rien ne viendra égaler ce moment, ni la mort, ni l'art, ni la luxure, ni même la religion. Rien ne se substitue à l'amour fugitif et dévorant.         Peter Dourountzis

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Le désir


Cet obscur objet du désir
Luis Bunuel
(1977)

Lors d'un voyage en train, Mathieu Faber raconte aux passagers de son compartiment ses amours avec Conchita, femme séduisante qu'il tente de posséder. Mais, à cause de son haleine fortement parfumée à l'ail, elle se dérobe toujours à ses avances après lui avoir fait espérer le bonheur.
Pour son dernier film, Buñuel revisite avec un humour corrosif toutes les frustrations de l'amour non partagé, tout le poids de l'éducation chrétienne et de la société bourgeoise. Le summum de cette frustration est symbolisé par le sous-vêtement qu'enfile Conchita et qui, d'objet érotique, se transforme en ceinture de chasteté, impossible à dénouer.
La grande originalité de Buñuel dans ce film est de faire interpréter le rôle de Conchita par deux actrices très différentes, qui incarnent les deux aspects de sa personnalité. Cette substitution ne choque pas grâce à la qualité de la mise en scène et l'évidence de cette symbolique.
d'après le livre La femme et le Pantin de Pierre Louys.


Sexe, Mensonges et Video
Steven Soderbergh
(1989)

Graham revient dans sa ville natale chargé de bagages quelque peu originaux : une collection de cassettes vidéo où des femmes exposent, face caméra, les détails de leur vie intime. Il fait la rencontre d’Ann, la femme d’un ancien copain de fac, qui est tout d’abord choquée lorsqu’elle découvre les cassettes. Puis elle décide de se confesser à son tour lorsqu’elle apprend que son mari la trompe avec sa propre sœur.

Sexe, mensonges et vidéo est avant toute chose un film psychologique à l’ambiance glaciale. Ici, la libido prend la forme d’une logorrhée verbale ininterrompue, le cinéaste choisissant de filmer les confessions intimes de personnages mal dans leur peau. A l’aide d’une mise en scène en tout point minimaliste et d’une musique discrète mais superbe, Soderbergh parvient à rendre les mots sensuels et dresse un constat accablant de la sexualité aux Etats-Unis, où les interdits favorisent les frustrations.


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le réél et le virtuel

La science des rêves
Michel Gondry
(2006)



Venu travailler à Paris dans une entreprise fabriquant des calendriers, Stéphane Miroux mène une vie monotone qu'il compense par ses rêves. Devant des caméras en carton, il s'invente une émission de télévision sur le rêve. Un jour, il fait la connaissance de Stéphanie, sa voisine, dont il tombe amoureux. D'abord charmée par les excentricités de cet étonnant garçon, la jeune femme prend peur et finit par le repousser. Ne sachant comment parvenir à la séduire, Stéphane décide de chercher la solution de son problème là où l'imagination est reine...
site officel du film

howdoyoudream.com

La collaboration de Michel Gondry, RES, Warner Independent Pictures et Imeem, a donné lieu à un site communautaire intitulé howdoyoudream.com (en version anglaise uniquement).
C'est un moteur de recherche de rêve qui abouti à des extraits du film, en fonction des mots clefs rentrés.



Eternal
sunshine of the spotless mind

Michel Gondry
(2004)

Des tempéraments différents et des humeurs inconciliables ont eu raison de l'histoire d'amour entre Joel (Jim Carrey) et Clementine (Kate Winslet). Pour ne plus souffrir, elle a eu recours à un procédé libérateur, qui lui a permis d'effacer de sa mémoire tous les souvenirs qui la rattachent à Joel. Désespéré en apprenant cette nouvelle, il se résout à suivre le même traitement. Mais au fur et à mesure que les souvenirs s'effacent, il réalise à quel point il aime toujours la jeune femme...

Fight club
David Fincher
(1999)

Jack, un homme banal, totalement en quête d'extrêmes, subissant son existentialisme, se laisse "séduire" par un anarchiste charismatique, et draguer par une droguée, Maria.
Jack va alors créer un univers secret, fascinant, et ultraviolent : les Fight Club. L'objectif pour les participants est de battre l'autre (jusqu'à sa capitulation), et ainsi de se dépasser à travers des sensations extrêmes. Se sentir exister, quoi. Problème : Jack va confondre de plus en plus sa vie "underground" et sa vie réelle. Tout en se révoltant contre son "Maître".

Tyler Durden


eXistenZ
David Cronenberg
(1999)

Dans un avenir proche, une créatrice de génie, Allegra Geller, a inventé une nouvelle génération de jeu qui se connecte directement au systeme nerveux : eXistenZ. Lors de la séance de présentation du jeu, un fanatique cherche à la tuer. Un jeune stagiaire en marketing, Ted Pikul, sauve la vie d'Allegra. Une poursuite effrenée s'engage autant dans la réalité que dans l'univers trouble et mysterieux du jeu.

Strange days
Kathryn Bigelow
(1995)

Los Angeles,  quelques jours avant le passage à l'an 2000. Lenny Nero est un ancien inspecteur déchu qui s'est reconverti dans le marché noir de "Squid", des films de réalité virtuelle qui permettent de revivre un événement vécu par une autre personne auparavant. Il a toutefois une règle d'or : il n'achète ou ne vend pas de snuff movies,  films dans lesquels on assiste à un assassinat. Mais un drame survient : Jeriko One, rappeur et leader d'opinion de la communauté noire, a été assassiné ; Iris, une amie prostituée de Lenny, a assisté au meurtre et tout enregistré sur un Squid.

The Truman Show
Peter Weir
(1998)

Truman Burbank mène une vie tranquille, dans une petite ville paisible, remplie de gens sympathiques. Et pourtant Truman a envie de voir le monde, et de retrouver la fille dont le regard l'a envoûté. Mais tout semble contraindre Truman à rester là où il est, y compris les agences de voyage, qui affichent des photos d'avions accidentés. car Truman est en fait, bien malgré lui, la star d'une émission de télé-rélaité, et ce , depuis sa plus tendre enfance.

Matrix
Andy & Larry Wachowski
(1999)

Thomas Anderson, un jeune informaticien connu dans le monde du piratage sous le pseudonyme Néo, est contacté via son ordinateur par ce qu'il pense être un groupe de pirates informatiques. Il lui font découvrir que le monde dans lequel il vit n'est qu'un monde virtuel, un logiciel appelé "la Matrice", et que tout ce qui est autour de lui n'est pas réél, ce n'est qu'une simulation neuro-active créée par les machines.

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Livre, es-tu virtuel ?

Lisez aussi les nouvelles et romans de Philip K. Dick ; il est l'auteur de SF le plus adapté au cinéma. On lui doit notamment les idées originales de Minority Report, Total Recall, Blade Runner, Paycheck et bien d'autres encore.

Et ne perdez pas de vue que Tyler Durden était d'abord un nom dans le livre de Chuck Palahniuk avant d'être incarné par Brad Pitt dans un film.

La Matrice, avant d'être l'idée "génialement novatrice" des frères Wachowski, a été conçue dans le cerveau de l'auteur de science fiction William Gibson, qui l'a décrite dans le roman Neuromancien.

Liens

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Dimanche 29 avril 2007



Attendre, attendre encore, attendre toujours. Voilà bien à quoi Sofia Coppola condamne l'adolescence éternelle.

Les promesses sont là : dans une terre étrangère, dans un lever de soleil, dans un corps si facilement apte à faire un enfant, dans un beau cavalier. Les difficultés ne semblent pas insurmontables : il est possible de faire applaudir la cour, de sortir assister à un bal masqué, de se construire une nature rousseauiste aussi sophistiquée que les costumes, perruques et mets divers.

http://www.cineclubdecaen.com/realisat/coppolas/marieantoinette.htm

Par veronique delbove - Publié dans : laphilosuitsoncours
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Vendredi 27 avril 2007
Pour prolonger la réflexion
sur l'esprit des lumières,

Une exposition à la BNF...


http://expositions.bnf.fr/lumieres/expo/salle1/index.htm



Et des textes de Tvetan Todorov...

Émancipation et autonomie

Le premier trait constitutif de la pensée des Lumières consiste à privilégier ce qu'on choisit et décide soi-même, au détriment de ce qui vous est imposé par une autorité extérieure. Cette préférence comporte deux facettes, l'une critique, l'autre constructive : il faut se soustraire à toute tutelle imposée aux hommes du dehors et se laisser guider par les lois, normes, règles voulues par ceux-là même à qui elles s'adressent. Émancipation et autonomie sont les deux temps d'un même processus, également indispensables. Pour pouvoir s'y engager, il faut disposer d'une entière liberté d'examiner, de questionner, de critiquer, de mettre en doute : plus aucun dogme ni aucune institution n'est sacré.
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Le principe d'universalité

Si tous les êtres humains possèdent un ensemble de droits identiques, il s'ensuit qu'ils sont égaux en droit : la demande d'égalité découle de l'universalité. Elle permet d'engager des combats qui se poursuivent de nos jours : les femmes devraient être égales aux hommes devant la loi ; l'esclavage, aboli – l'aliénation de la liberté d'un être humain ne pouvant jamais être légitime ; les pauvres, les sans-grade, les marginaux, reconnus dans leur dignité ; et les enfants, perçus en tant qu'individu
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Science et éducation

" Nous pouvons être hommes sans être savants."
Rousseau, 1762

Dieu et les miracles étant réservés à la foi individuelle, la connaissance prend pour objet le monde désenchanté de la nature et des hommes. Elle progresse en se servant d'outils disponibles à chacun, la raison et l'expérience, et ne s'arrête devant aucun interdit.
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L‘ordre politique

"Tout pouvoir sans bornes ne saurait être légitime, parce qu'il n'a jamais pu avoir d'origine légitime."
Montesquieu, 1721
Le pouvoir politique réside dans le peuple souverain. Or tout citoyen est membre du peuple de plein droit, tous sont donc égaux devant la loi. Ce principe ne devient pas facilement réalité. Les femmes sont exclues de la vie publique ; leur émancipation, au sein des professions artistiques ou intellectuelles, provoque les quolibets des anti-féministes. L'esclavage existe toujours, malgré les protestations qu'il suscite. Les pauvres et les marginaux sont méprisés : artistes et écrivains s'emploieront à montrer qu'ils méritent le respect autant que les nobles et les riches.
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Par veronique delbove - Publié dans : laphilosuitsoncours
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Dimanche 15 avril 2007

« Qu’est-ce que les Lumières ? La sortie de l’homme de sa minorité dont il est lui-même responsable. Minorité, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement (pouvoir de penser) sans la direction d’autrui, minorité dont il est lui-même responsable (faute) puisque la cause en réside non dans un défaut de l’entendement mais dans un manque de décision et de courage de s’en servir sans la direction d’autrui. Sapere aude ! (Ose penser) Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières. »

E. Kant, Qu’est- ce que les lumières ?


Lire et imprimer la suite de cet article



“C’est un grand et beau spectacle de voir l’homme sortir en quelque manière du néant par ses propres efforts; dissiper, par les lumières de la raison, les ténèbres dans lesquelles la nature l’avait enveloppé, s’élever au-dessus de soi-même; s’élancer par l’esprit jusque dans les régions célestes… et ce qui est plus grand et plus difficile, rentrer en soi pour y étudier l’homme et connaître sa nature, ses devoirs et sa fin. »

 Jean-Jacques Rousseau




«Si je renonce à ma raison, je n'ai plus de guide: il faut que j'adopte en aveugle un principe secondaire, et que je suppose ce qui est en question. Egaré dans une forêt immense pendant la nuit, je n'ai qu'une petite lumière pour me conduire. Survient un inconnu qui me dit: "Mon ami, souffle la chandelle pour mieux trouver ton chemin." Cet inconnu est un théologien.»

Diderot, Pensées philosophiques



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Mercredi 7 mars 2007


L'humanité ne représente
nullement une évolution en mieux, en plus fort, en plus haut, au sens où on le croit maintenant. Le "progrès" n'est qu'une idée moderne, c'est-à-dire une idée fausse. L'Européen d'aujourd'hui reste, en valeur, bien au-dessous de l'Européen de la Renaissance.

Friedrich Nietzsche

L'Antéchrist



L’air du temps, si moderniste en apparence, charrie en effet des régressions manifestes. Dans la postmodernité célébrée par les médias, il y a plus d’archaïsme qu’on ne l’imagine ! La plupart des malentendus viennent de là. Entrant dans un nouveau millénaire, abasourdis d’inventions et de technologies, il nous arrive malgré tout d’y reconnaître fugitivement certains aspects du... XIXe siècle. Nous n’aimons guère en parler, car d’instinct nous refusons de croire que l’histoire puisse marcher à reculons. Nous préférons célébrer la technoscience triomphante - ses promesses, ses avancées, ses étrangetés - plutôt que d’envisager l’hypothèse d’une quelconque régression historique l’accompagnant. Nous avons tort. L’histoire, même scientifique, n’avance jamais avec la majesté d’un fleuve. Elle sinue aussi, et parfois se tord. Elle bégaie ou se replie en accordéon. Elle a ses ruses, disait Hegel. Le fait est que, dans le fouillis des révolutions contemporaines, certaines rémanences nous ramènent pour de bon au XIXe siècle.

Ce texte est extrait du chapitre premier du Principe d’humanité, Le Seuil, Paris. des fausses fatalités qui à l’évidence nous ramènent en arrière.

Jean-Claude Guillebaud.

http://www.monde-diplomatique.fr/2001/08/GUILLEBAUD/15460


 

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Mardi 6 mars 2007
"Quel maître d'école n'a pas démontré d'avance, qu'Alexandre le Grand, Jules César et les hommes de la même espèce ont tous été poussés par de telles passions et que, par conséquent, ils ont été des hommes immoraux ?
 D'où il suit aussitôt que lui, la maître d'école, vaut mieux que ces gens- là, car il n'a pas de ces passions et en donne comme preuve qu'il n'a pas conquis l'Asie, ni vaincu Darius et Porus, mais qu'il est un homme qui vit bien et a laissé également les autres vivre. "


F. Hegel, La Raison dans l'histoire.
 


Voici quelques cours et  articles à consulter :


Un cours synthétique sur maphilo.net
Un cours sur philagora
Un article wikipédia
Un article sur le progrès
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Lundi 5 mars 2007
 








Sébastien diaz Morales


Paredon (Wall), 2004
Video Projection over engraved wall

Duration 5min. Silent


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Dimanche 4 mars 2007

Un événement est un fait qui sort de l’ordinaire. Pour peu qu’il ait une incidence sur le cours des choses, qu’il soit l’objet de représentations qui l’autonomisent par rapport au fait initial, il devient «un moment historique», à la mesure spatiale et temporelle de son impact. Ainsi les images, comme les discours, sont «acteurs de l’histoire». Mais leur rôle a bien sûr évolué au fil du temps et des mutations techniques, culturelles et politiques. Tel est le propos de l’exposition du Jeu de Paume, qui déploie les représentations visuelles de cinq événements, de natures très hétérogènes, qui se sont échelonnés depuis le milieu du XIXe siècle, date de l’entrée de l’image dans l’ère industrielle, jusqu’à la société d’information actuelle.

Extrait de http://www.paris-art.com/expo_detail-3867-ruff.html


 

 

 


La chute du mur de Berlin, ou l'histoire en direct


Rares sont les événements qui se vivent de façon immédiate. De ce point de vue, la chute du Mur de Berlin, au soir du 9 novembre 1989, est exemplaire. La télévision relayant dans le monde entier ce moment historique en temps réel. «Mais là où c’est encore plus intéressant, précise Michel Poivert, c’est que les acteurs de cet événement autrement dit les Berlinois utilisent totalement les media et le direct».

Autrement dit, ils mettent en scène leur révolution, conférant aux images et autres reportages un sens, une portée politique dépassant de loin le simple exposé des faits : «ça s’appelle le présentisme, ajoute-t-il, ou comment le présent est vécu comme immédiatement historique». Mieux, à peine la frontière tombée, les Berlinois se mettent à commercialiser des fragments du Mur faisant ainsi de cet événement en cours, déjà un souvenir. Et Michel Poivert de conclure, «La chute du Mur de Berlin, c’est la compression de tous les temps : le temps de l’action, le temps de l’histoire et le temps de la mémoire». Quant au visiteur de l’exposition, il découvre l’envers du décor avec tous ces projecteurs installés aux alentours de la Porte de Brandebourg, là où le mur était le moins haut et où, donc, tout le monde pouvait monter dessus. Le retour du peuple souverain.

Extrait d’un article sur l’exposition Evénement, les images acteurs de l’histoire présentée au Jeu de Paume à Paris

 

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Dimanche 4 mars 2007

« Rien. De même que dans l'amour cette illusion existe, cette illusion de pouvoir ne jamais oublier. De même, j'ai eu l'illusion devant Hiroshima que jamais je n'oublierais, de même que dans l'amour? Comme toi, j'ai essayé de lutter de toutes mes forces contre l'oubli, comme toi j'ai oublié ?



Comme toi j'ai désiré avoir l'inconsolable mémoire, une mémoire d'ombre, de pierre. J'ai lutté pour mon compte, de toutes mes forces, chaque jour, contre l'horreur de ne plus comprendre du tout le pourquoi de ce souvenir. Comme toi, j'ai oublié.   Pourquoi nier l'évidente nécessité de la mémoire ?


Ecoute-moi, je sais encore : ça recommencera 200 000 morts, 80 000 blessés en 9 secondes, ces chiffres sont officiels, ça recommencera. Il y aura 10 00 degrés sur la terre, 1000 soleils dira-t-on. »


Alain Resnais, Hiroshima mon amour (1959) –

scénario par Marguerite Duras


Les comédiens et leurs rôles:

Emmanuelle Riva . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  Elle

Eiji Okada . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Lui

Stella Dassas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La mère

Pierre Barbaud . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le père

Bernard Fresson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le soldat allemand


L

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Dimanche 4 mars 2007

   I l s'agit de comparer et, peut-être, de confronter la raison et la croyance, afin de tenter de saisir leurs différences, leurs rapports (par exemple : indifférence mutuelle ou conflit, conflit définitif ou provisoire, "dépassement" de l'une par l'autre...), et cela de manière objective, juste, mesurée... autrement dit, en faisant appel à la raison. Car ce que nous allons chercher avant tout à formuler, à propos de la raison et de la croyance, ce n'est pas ce que nous en croyons, les uns ou les autres, mais ce que nous pouvons espérer en savoir.
   C'est donc la raison qui peut et doit parler de la raison et de la croyance, ce qui semble être le signe d'un décalage initial entre les deux notions. Ce décalage semble placer la croyance, pour ainsi dire, en contrebas de la raison, en situation d'infériorité. Cette infériorité consisterait avant tout en ceci, que la raison permet de chercher et éventuellement d'atteindre le savoir et de discerner ce qui est réel, tandis que la croyance ne procure qu'une assurance subjective, dont le bien-fondé est le plus souvent invérifiable, portant sur des objets à l'existence douteuse. La croyance serait par définition irrationnelle, et de surcroît, fort souvent déraisonnable : domaine sans loi où tout est possible, et dont les habitants semblent ne pouvoir être que des enfants ou des fous, l'univers de la croyance se distinguerait à son désavantage du monde de la raison, habité par des hommes adultes et lucides.
   Mais la raison ne peut se contenter de traiter la croyance par le mépris. En effet, conformément à ses propres exigences, elle doit rendre raison de l'existence de la croyance, en proposer une explication. Pourquoi, depuis toujours, les hommes ont-ils des croyances, et pourquoi y tiennent-ils souvent comme à ce qu'il y a de plus précieux ? La réponse tentante et classique consiste à assigner la croyance au registre de la psychologie, de la subjectivité affective : les hommes ont besoin de croire pour se rassurer, ou pour se forger des armes de domination... Ils cherchent ainsi à compenser de façon imaginaire des déficits réels : déficit de connaissance, de force, de courage. Pourtant, cette explication est-elle la seule possible ? Est-elle pertinente pour tous les contenus de croyance ? Ou ne revient-elle pas à "mettre dans le même sac", sous le label de "croyances", des attitudes et des pensées fondamentalement différent ?



Lire la suite de cet article

Lire un cours synthétique sur la religion

Lire un article de François Chirpaz sur la religion naturelle

Ecouter : le philosophe peut- il croire ?

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Samedi 17 février 2007

Andy Warhol a scandalisé le public par ses représentations de boîtes de soupe Campbell et par les remarques provocantes qu'il y associait : « Si je peins de cette façon, c'est parce que je veux être une machine ». Ayant recours à une imagerie inspirée de la publicité et des médias, Warhol dénonce la séparation qui existe entre l'art et la culture de masse. À la différence des véritables emballages de carton ondulé représenté par « Brillo » ces sculptures sont fabriquées de bois. En éliminant l'aspect fonctionnel des boîtes et en les retirant de leur cadre habituel, Warhol nous force à les voir sous un nouveau jour et nous fait constater la capacité des techniques de commercialisation de transformer en une marchandise séduisante un objet banal et sans attraits. En même temps, il attire notre attention sur la signification de ces objets qui symbolisent la société de consommation, impersonnelle et commerciale, dans laquelle nous vivons.

Extrait d’un article paru sur :

http://cybermuse.gallery.ca/cybermuse/search/artwork_f.jsp?mkey=7249

Sur ce site, vous trouverez 2 vidéos sur le travail d' A. Warhol que je vous recommande.


Consulter aussi :

Un diaporama simple sur la production en série dans la "Factory".













Andy Warhol, Brillo, 1964 ©
Andy Warhol Foundation for the Arts /
SODRAC
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Affluents

L'île déserte


est l'un de ces motifs dont la littérature et le cinéma rafollent, une sorte d'expérience entre in vitro pour le pire des émissions de téléréalité (koh Lanta, Ile de la tentation, le Loft où l'ironie des producteurs aura réduit l'océan à une piscine gonflable !) et in vivo lorsque certains témoignages nous ramènent à la cruauté indépassable du réél.

Puisque Sartre voisine, il convient de préciser que  L'île déserte ajoute à l'idée de Huis Clos un état de nature sauvage et primitive, qui n'est pas sans conséquence sur le contenu des expériences vécues.

L'île déserte rappelle à l'homme surcivilisé que l'état de nature peut devenir le pire des bagnes (cf les histoires véridiques de Alexandre Selkirk qui inspira le Robinson de Defoe, l'enquête menée par Mike Dash sur les naufragés de la Batavia dans l'Archipel des Hérétiques ou encore le témoignage redoutable d'A. Corréard et J.B. Savigny, deux des naufragés de la Méduse, concept non-pâtissier d'île flottante).


Alors, laquelle des versions filmées de Robinson faut-il voir ? A vrai dire, aucune, et évitez à tout prix celle avec Tom Hanks ! Revenez plutôt au texte de Daniel Defoe ou mieux encore à la version plus récente de Michel Tournier, Vendredi ou les Limbes du Pacifique.

Préférez également la prestation impressionnante de Brando dans Les révoltés du Bounty de Lewis Milestone (1962).



Pour la version livresque, passez directement au tome 3 de l'Odyssée de la Bounty, la fameuse ile de Pitcairn, ce rocher désert où quinze hommes et douze femmes, Blancs et "Indiens" liés par le même destin, se réfugient donc, un beau jour de 1790, et y fondent une minuscule République.

Vous pourrez aussi vous référer au texte de Gilles Deleuze,  L'île déserte, malheureusement difficile à se procurer. Un peu plus distante de notre sujet, la lecture de La Fin du Voyage de P. Auriol s'avère néanmoins fort intéressante par les aspects philosophiques qui jaillissent de cette histoire du rétrécissement du monde au fur et à mesure des multiples explorations maritimes qui se sont succédées jusqu'à celles menées par le capitaine Cook, de la disparition de l'inconnu, et du début de l'uniformisation de la planète, aujourd'hui presque totalement achevée.

Et puique l'idée d'uniformisation m'incite à conclure, il faut reconnaître que l'industrie mondialisée  de l'image est quand même, parfois, capable de fournir des produits comestibles, comme la série Lost, qui, épisodiquement, conduit à des questionnements et des situations surprenants ... pour qui ne connaît ni Poe, ni Dick, ni Borges, ...


RECTIF. Un lecteur attentif de La Philo sss me rappelle le Robinson Crusoe de Bunuel (1953).
Vous trouverez ici une très bonne analyse des symptômes du monde originaire dans le cinéma de Bunuel.



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Des cartes pas très cartésiennes


DE LA RIGUEUR DE LA SCIENCE

"En cet empire, l´Art de la Cartographie fut poussé à une telle Perfection que la Carte d´une seule Province occupait toute une ville et la Carte de l´Empire toute une Province. Avec le temps, ces Cartes Démesurées cessèrent de donner satisfaction et les Collèges de Cartographes levèrent une Carte de l´Empire, qui avait le Format de l´Empire et qui coïncidait avec lui, point par point. Moins passionnées pour l´Etude de la Cartographie, les Générations Suivantes réfléchirent que cette Carte Dilatée était inutile et, non sans impiété, elle l´abandonnèrent à l´Inclémence du Soleil et des Hivers. Dans les Déserts de l´Ouest, subsistent des Ruines très abimées de la Carte. Des Animaux et des Mendiants les habitent. Dans tout le Pays, il n´y a plus d´autre trace des Disciplines Géographiques.
(Suarez Miranda, Viajes de Varones Prudentes, Livre IV, Chapitre XIV, Lérida, 1658.)"

J.L.Borges - Histoire universelle de l'infâmie


 

Kirsten Pieroth - The colour of the Seas (2002)
bouteilles en plastique, eau de mer

de gauche à droite : la mer Rouge, la mer Blanche, la mer Noire, la mer Jaune



"C´est une autre chose que nous avons apprise de votre Nation," dit Mein Herr, "la cartographie. Mais nous l´avons menée beaucoup plus loin que vous. Selon vous, à quelle échelle une carte détaillée est-elle réellement utile ?"
"Environ six pouces pour un mile."
"Six pouces seulement !" s´exclama Mein Herr. "Nous sommes rapidement parvenus à six yards pour un mile. Et puis est venue l´idée la plus grandiose de toutes. En fait, nous avons réalisé une carte du pays, à l´échelle d´un mile pour un mile !"
"L´avez-vous beaucoup utilisée ?" demandai-je.
"Elle n´a jamais été dépliée jusqu´à présent", dit Mein Herr. "Les fermiers ont protesté : ils ont dit qu´elle allait couvrir tout le pays et cacher le soleil ! Aussi nous utilisons maintenant le pays lui-même, comme sa propre carte, et je vous assure que cela convient presque aussi bien."

Lewis Carroll - Sylvie & Bruno



"Et les marins, ravis, trouvèrent que c´était une carte qu´enfin ils pouvaient tous comprendre 

"De ce vieux Mercator, à quoi bon Pôle Nord  Tropiques, Equateurs,  Zones  et    Méridiens ?"
Tonnait l´Homme à la cloche ; et chacun de répondre : "ce sont conventions qui ne riment à rien !

Quels rébus que ces cartes, avec tous ces caps et ces îles ! Remercions le Capitaine
de nous avoir à nous acheté la meilleure -
qui est parfaitement et absolument vierge !"


Lewis Carroll - La chasse au Snark

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