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Confluents

désir d'autrui


Théorème
Pier Paolo Pasolini
(1968)

Dans les années 60, l'acteur britannique Terence Stamp incarnait avec fulgurance ce charme démoniaque, et cette beauté sauvage, qui se lisent encore sur son visage. En le projetant au sein d'une famille riche, ce sont toutes les valeurs désuètes de la bourgeoisie italienne que Pasolini fait volet en éclats. La grâce trouble de cet étranger, émissaire divin, qui fait vaciller tour à tour chaque membre de la famille dans le péché, enrobe de mystère la nature profonde de chaque individu. Il les révèle à eux-mêmes, et les égare d'autant plus. Cette triste famille, enfermée consciemment dans des valeurs religieuses et morales, prend alors conscience de l'essence même de l'existence. L'amour et la passion dévorent leurs corps et leurs cœurs, et les rejette dans une culpabilité profonde dont ils ne peuvent s'absoudre. Ecrasés sous le poids d'une authenticité trop lourde à assumer, ils erreront vers d'autres horizons, sans jamais retrouver le bonheur de cet instant charnel partagé avec cet étrange visiteur. Rien ne viendra égaler ce moment, ni la mort, ni l'art, ni la luxure, ni même la religion. Rien ne se substitue à l'amour fugitif et dévorant.         Peter Dourountzis

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Le désir


Cet obscur objet du désir
Luis Bunuel
(1977)

Lors d'un voyage en train, Mathieu Faber raconte aux passagers de son compartiment ses amours avec Conchita, femme séduisante qu'il tente de posséder. Mais, à cause de son haleine fortement parfumée à l'ail, elle se dérobe toujours à ses avances après lui avoir fait espérer le bonheur.
Pour son dernier film, Buñuel revisite avec un humour corrosif toutes les frustrations de l'amour non partagé, tout le poids de l'éducation chrétienne et de la société bourgeoise. Le summum de cette frustration est symbolisé par le sous-vêtement qu'enfile Conchita et qui, d'objet érotique, se transforme en ceinture de chasteté, impossible à dénouer.
La grande originalité de Buñuel dans ce film est de faire interpréter le rôle de Conchita par deux actrices très différentes, qui incarnent les deux aspects de sa personnalité. Cette substitution ne choque pas grâce à la qualité de la mise en scène et l'évidence de cette symbolique.
d'après le livre La femme et le Pantin de Pierre Louys.


Sexe, Mensonges et Video
Steven Soderbergh
(1989)

Graham revient dans sa ville natale chargé de bagages quelque peu originaux : une collection de cassettes vidéo où des femmes exposent, face caméra, les détails de leur vie intime. Il fait la rencontre d’Ann, la femme d’un ancien copain de fac, qui est tout d’abord choquée lorsqu’elle découvre les cassettes. Puis elle décide de se confesser à son tour lorsqu’elle apprend que son mari la trompe avec sa propre sœur.

Sexe, mensonges et vidéo est avant toute chose un film psychologique à l’ambiance glaciale. Ici, la libido prend la forme d’une logorrhée verbale ininterrompue, le cinéaste choisissant de filmer les confessions intimes de personnages mal dans leur peau. A l’aide d’une mise en scène en tout point minimaliste et d’une musique discrète mais superbe, Soderbergh parvient à rendre les mots sensuels et dresse un constat accablant de la sexualité aux Etats-Unis, où les interdits favorisent les frustrations.


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le réél et le virtuel

La science des rêves
Michel Gondry
(2006)



Venu travailler à Paris dans une entreprise fabriquant des calendriers, Stéphane Miroux mène une vie monotone qu'il compense par ses rêves. Devant des caméras en carton, il s'invente une émission de télévision sur le rêve. Un jour, il fait la connaissance de Stéphanie, sa voisine, dont il tombe amoureux. D'abord charmée par les excentricités de cet étonnant garçon, la jeune femme prend peur et finit par le repousser. Ne sachant comment parvenir à la séduire, Stéphane décide de chercher la solution de son problème là où l'imagination est reine...
site officel du film

howdoyoudream.com

La collaboration de Michel Gondry, RES, Warner Independent Pictures et Imeem, a donné lieu à un site communautaire intitulé howdoyoudream.com (en version anglaise uniquement).
C'est un moteur de recherche de rêve qui abouti à des extraits du film, en fonction des mots clefs rentrés.



Eternal
sunshine of the spotless mind

Michel Gondry
(2004)

Des tempéraments différents et des humeurs inconciliables ont eu raison de l'histoire d'amour entre Joel (Jim Carrey) et Clementine (Kate Winslet). Pour ne plus souffrir, elle a eu recours à un procédé libérateur, qui lui a permis d'effacer de sa mémoire tous les souvenirs qui la rattachent à Joel. Désespéré en apprenant cette nouvelle, il se résout à suivre le même traitement. Mais au fur et à mesure que les souvenirs s'effacent, il réalise à quel point il aime toujours la jeune femme...

Fight club
David Fincher
(1999)

Jack, un homme banal, totalement en quête d'extrêmes, subissant son existentialisme, se laisse "séduire" par un anarchiste charismatique, et draguer par une droguée, Maria.
Jack va alors créer un univers secret, fascinant, et ultraviolent : les Fight Club. L'objectif pour les participants est de battre l'autre (jusqu'à sa capitulation), et ainsi de se dépasser à travers des sensations extrêmes. Se sentir exister, quoi. Problème : Jack va confondre de plus en plus sa vie "underground" et sa vie réelle. Tout en se révoltant contre son "Maître".

Tyler Durden


eXistenZ
David Cronenberg
(1999)

Dans un avenir proche, une créatrice de génie, Allegra Geller, a inventé une nouvelle génération de jeu qui se connecte directement au systeme nerveux : eXistenZ. Lors de la séance de présentation du jeu, un fanatique cherche à la tuer. Un jeune stagiaire en marketing, Ted Pikul, sauve la vie d'Allegra. Une poursuite effrenée s'engage autant dans la réalité que dans l'univers trouble et mysterieux du jeu.

Strange days
Kathryn Bigelow
(1995)

Los Angeles,  quelques jours avant le passage à l'an 2000. Lenny Nero est un ancien inspecteur déchu qui s'est reconverti dans le marché noir de "Squid", des films de réalité virtuelle qui permettent de revivre un événement vécu par une autre personne auparavant. Il a toutefois une règle d'or : il n'achète ou ne vend pas de snuff movies,  films dans lesquels on assiste à un assassinat. Mais un drame survient : Jeriko One, rappeur et leader d'opinion de la communauté noire, a été assassiné ; Iris, une amie prostituée de Lenny, a assisté au meurtre et tout enregistré sur un Squid.

The Truman Show
Peter Weir
(1998)

Truman Burbank mène une vie tranquille, dans une petite ville paisible, remplie de gens sympathiques. Et pourtant Truman a envie de voir le monde, et de retrouver la fille dont le regard l'a envoûté. Mais tout semble contraindre Truman à rester là où il est, y compris les agences de voyage, qui affichent des photos d'avions accidentés. car Truman est en fait, bien malgré lui, la star d'une émission de télé-rélaité, et ce , depuis sa plus tendre enfance.

Matrix
Andy & Larry Wachowski
(1999)

Thomas Anderson, un jeune informaticien connu dans le monde du piratage sous le pseudonyme Néo, est contacté via son ordinateur par ce qu'il pense être un groupe de pirates informatiques. Il lui font découvrir que le monde dans lequel il vit n'est qu'un monde virtuel, un logiciel appelé "la Matrice", et que tout ce qui est autour de lui n'est pas réél, ce n'est qu'une simulation neuro-active créée par les machines.

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Livre, es-tu virtuel ?

Lisez aussi les nouvelles et romans de Philip K. Dick ; il est l'auteur de SF le plus adapté au cinéma. On lui doit notamment les idées originales de Minority Report, Total Recall, Blade Runner, Paycheck et bien d'autres encore.

Et ne perdez pas de vue que Tyler Durden était d'abord un nom dans le livre de Chuck Palahniuk avant d'être incarné par Brad Pitt dans un film.

La Matrice, avant d'être l'idée "génialement novatrice" des frères Wachowski, a été conçue dans le cerveau de l'auteur de science fiction William Gibson, qui l'a décrite dans le roman Neuromancien.

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Vendredi 8 décembre 2006

"Je pense plutôt que l'accès au visage est d'emblée éthique. C'est lorsque vous voyez un nez, des yeux, un front, un menton, et que vous pouvez les décrire, que vous vous tournez vers autrui comme vers un objet. La meilleure manière de rencontrer autrui, c'est de ne pas même remarquer la couleur de ses yeux! Quand on observe la couleur des yeux, on n'est pas en relation sociale avec autrui. (…)

Il y a d'abord la droiture même du visage, son expression droite, sans défense. La peau du visage est celle qui reste la plus nue, la plus dénuée. La plus nue, bien que d'une nudité décente. La plus dénuée aussi: il y a dans le visage une pauvreté essentielle. La preuve en est qu'on essaie de masquer cette pauvreté en se donnant des poses, une contenance. Le visage est exposé, menacé, comme nous invitant à un acte de violence. En même temps le visage est ce qui nous interdit de tuer. »


Emmanuel Lévinas, Éthique et Infini

Images : Anna Karina par J. L. Godard

Par veronique delbove - Publié dans : laphilosuitsoncours
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Vendredi 8 décembre 2006

« Enfin, il n'est rien de si doux, que de triompher de la résistance d'une belle personne; et j'ai sur ce sujet l'ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs, je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu'il y eût d'autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses. »

Dom Juan, acte 1, scène 1

Image : Modérato cantabile de Peter Brook

 

« Ecoutez Don Juan ; si, en l'écoutant, vous n'obtenez pas une idée de lui, vous ne l'obtiendrez jamais. Écoutez le début de sa vie. Comme la foudre sort des nuées ténébreuses de l'orage, ainsi s'élance-t-il des profondeurs du sérieux, plus rapide que la foudre, plus capricieux qu'elle et, pourtant, aussi sûr ; écoutez comme il se jette dans la richesse de la vie, comme il se brise contre son barrage inébranlable, écoutez ces sons de violon, légers et dansants, écoutez le signe de la joie, l'allégresse du plaisir, écoutez les délices solennelles de la jouissance ; écoutez sa fuite éperdue, — dans sa précipitation il se dépasse lui-même, toujours plus vite, de plus en plus irrésistible, écoutez les désirs effrénés de la passion, écoutez le murmure de l'amour, le chuchotement de la tentation, écoutez le tourbillon de la séduction, écoutez le silence de l'instant, — écoute, écoutez, écoutez Don Juan de Mozart. »

Kierkegaard, Ou bien... ou bien..., pp. 79-82, Gallimard.

 


Dom Juan : un homme libre ?

Dans Ou bien... ou bien (1843), Kierkegaard a identifié Don Juan à la figure emblématique du stade esthétique, qui est selon lui l'un des deux modes d'existence qui s'offrent au choix de l'individu : ici, le sujet s'épuise dans la recherche d'un plaisir immédiat capable de conjurer l'ennui. Le héros hédoniste s'accomplit ainsi dans le divertissement : Don Juan, en effet, tente de renouveler indéfiniment la première fois pour échapper aux responsabilités et aux devoirs qu'entraînerait immanquablement son acceptation du pacte social (le stade éthique). Si, sur le plan social, la démesure de Dom Juan reste liée aux caprices inconséquents de l'ego, elle est plus fertile sur le terrain métaphysique : c'est la mesure du monde qui met Dom Juan à l'étroit et lui fait chercher vainement, sinon de quoi l'élargir, au moins de quoi l'oublier. C'est pourquoi, dans le désir inconsistant et absurde du héros « esthétique », gisent toujours des ferments d'absolu.

  La liberté de Dom Juan est inscrite dans une perspective existentialiste : plus que le droit de jouir, elle réclame celui d'opposer un « non » définitif à tout ce dont l'homme prétend masquer son ennui.

http://www.site-magister.com/prepas/page12b.htm

 

 

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Lundi 27 novembre 2006

Annika von Hausswolff,
Attempting to deal with Time and Space, 1997


Voici quelques variations sur le thème du désir
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Samedi 25 novembre 2006

Sue de Beer, Twins,  1998


« Hommes, que désirez-vous l'un de l'autre? » et si, les voyant embarrassés, il continuait : « L'objet de vos voeux n'est-il pas de vous rapprocher autant que possible l'un de l'autre, au point de ne vous quitter ni nuit ni jour ? Si c'est là ce que vous désirez, je vais vous fondre et vous souder ensemble, de sorte que de deux vous ne fassiez plus qu'un, que jusqu'à la fin de vos jours vous meniez une vie commune, comme si vous n'étiez qu'un, et qu'après votre mort, là-bas, chez Hadès, vous ne soyez pas deux, mais un seul, étant morts d'une commune mort. Voyez si c'est là ce que vous désirez, et si en l'obtenant vous serez satisfaits. » À telle demande nous savons bien qu'aucun d'eux ne dirait non et ne témoignerait qu'il veut autre chose : il croirait tout bonnement qu'il vient d'entendre exprimer ce qu'il désirait depuis longtemps, c'est-à-dire de se réunir et de se fondre avec l'objet aimé et de ne plus faire qu'un au lieu de deux.

Platon,  Le Banquet 191 d- 192

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Samedi 25 novembre 2006
 
Jérome Bosch,
La création du monde, 1504.
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Samedi 25 novembre 2006

Loin d'entonner une ode soixante-huitarde à la gloire de la liberté sexuelle, le sujet principal de "La maman et la putain" est la mise en scène du tourment et de la souffrance amoureuse. La vérité ne s'apprend pas par les lectures philosophiques ou les discussions amicales mais s'impose à nous par les signes que nous percevons dans la douleur de la passion amoureuse ou dans les impressions mystérieuses données par les oeuvres d'art.

Toute révolution, si généreuse, si euphorique soit-elle porte aussi son revers répressif. La doxa de l'après 68, c'est "Jouissez ! ". L'erreur fut de croire que des mots d'ordre pouvaient réglementer le désordre des sentiments. Le film de Jean Eustache témoigne avec une rare lucidité de cette idéologie de la liberté sexuelle, feint d'épouser la doxa amoureuse pour en dévoiler la caractère injonctif, répressif, pour en révéler les zones cachées, celles que l'aveuglement produit par des mots d'ordre interdisait de voir : le tourment, la souffrance.

 Jean Eustache a affirmé par la voix de son personnage masculin la difficulté d'être synchrone avec son époque. Alexandre, Marie et Veronika sont des personnages très vulnérables et le flux de leur langage apparaît comme la seule façon de colmater la peur d'un silence qui mettrait plus à nu encore les sentiments. Et ce n'est pas par hasard si "La maman et la putain" se termine par une scène de vomissement, comme si Françoise Lebrun rejetait hystériquement l'incroyable quantité de paroles émises pendant le film. De façon différente de la première scène de vomissement du film- celle ou Bernadette Lafont avale des somnifères- la dernière apparaît comme une délivrance à l'égard du film lui-même et une entré pour Alexandre dans un monde plus adulte avec constitution d'une famille.

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Jeudi 16 novembre 2006

L'inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc ou occupé par un mensonge : c'est le chapitre censuré. Mais la vérité peut être retrouvée; le plus souvent déjà elle est écrite ailleurs.

A savoir:

- dans les monuments: et ceci est mon corps, c'est-à-dire le noyau hystérique de la névrose où le symptôme hystérique montre la structure d'un langage et se déchiffre comme une inscription qui, une fois recueillie, peut sans perte grave être détruite;

- dans les documents d'archives aussi : et ce sont les souve­nirs de mon enfance, impénétrables aussi bien qu'eux, quand je n'en connais pas la provenance;

- dans l'évolution sémantique: et ceci répond au stock et aux acceptions du vocabulaire qui m'est particulier, comme au style de ma vie et à mon caractère;

- dans les traditions aussi, voire dans les légendes qui sous une forme héroïsée véhiculent mon histoire;

- dans les traces, enfin, qu'en conservent, inévitablement les distorsions, nécessitées par le raccord du chapitre adultéré dans les chapitres qui l'encadrent, et dont mon exégèse rétablira le sens.

LACAN Jacques « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse» in Écrits, 1966, Le Seuil.

 

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Mercredi 15 novembre 2006

Qu'est- ce que l'inconscient ?

Cliquez pour écouter

 

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Samedi 11 novembre 2006

LA CONSCIENCE

Giacometti


1. Quelle est la nature de la conscience ? Peut- on se connaître soi- même ?

 Cf : Descartes : Discours de la méthode (1637)

Position métaphysique et rationaliste.

Dualisme cartésien

- Cogito (esprit) : substance pensante / corps : substance sensible.

- Doute cartésien → attaque tt ses opinions ( scepticisme) :

– méthodique : s’attaque d’abord aux sens puis à la raison.

– radical : s’attaque aux racines (opinions reçues ds l’enfance). recherche d’une base solide.

– volontaire : ce n’est pas un souci existentiel.

– hyperbolique : rejette comme faux tt ce qui est douteux.

Descartes : «Cogito ergo sum.» : peut-être que tt ce que je pense est faux mais le fait que je pense me prouve que j’existe.

La conscience comme transparence à soi

Descartes – Principes : «Par le mot de penser, j’entends tout ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l’apprenons immédiatement par nous-même; c’est pourquoi non seulement entendre, vouloir, imaginer, mais aussi sentir est la même chose ici que penser.» : tt sensation est sensation cste → étend son raisonnement aux sens.

 «Le bon sens est la chose la mieux partagée du M.» Tt le M ne pense pas pareil ← «Nous conduisons nos pensées par diverses voies.»

Raison : «Puissance de bien juger et de distinguer le vrai d’avec le faux.»

  1. Le moi est- il une réalité ou une fiction ?  Quelle est sa fonction ?

Cf : Hume : Traité de la nature humaine (1739)

Position empiriste  / Faire la généalogie des connaissances ;

Critique de la métaphysique, lieu des fictions et des illusions substantialistes :

« L'esprit est une sorte de théâtre où diverses perceptions font successivement leur apparition; elles passent, repassent, glissent sans arrêt et se mêlent en une infinie variété de conditions et de situations. » TNH

Croyance en l’identité : existence d’un penchant universel à simplifier la diversité

Cf : Kant – Anthropologie du point de vue pragmatique : «Posséder le Je dans sa représentation : ce pouvoir élève l’homme infiniment au dessus de tous les êtres vivants sur la terre.»

Conscience = pouvoir de synthèse de nos représentations, condition de toute expérience (sujet transcentental) + pouvoir d’émancipation (sujet moral = personne)

La conscience de soi-même n’est donc pas encore, il s’en faut, une connaissance de soi-même.»

  1. Suis- je le mieux placé pour me connaître moi- même ? L’épreuve pratique de le conscience . 

cf : Sartre, L’existentialisme est un humanisme :

-          Autrui, condition de la connaissance de moi- même / cf : Sartre, L’Etre et le Néant : l’expérience de la honte :

« Autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi- même » 

-          L’ intersubjectivité et le besoin de reconnaissance :

« L’enfer, c’est les autres » Huit- clos

-          La tentation de la mauvaise foi : exemple de la coquette et du garçon de café

Scission ontologique au cœur de l’homme  ( entre transcendance et facticité):

«  La conscience est ce qu’elle n’est pas et n’est pas ce qu’elle est »

-          Une philosophie de la liberté : « L’homme n’est rien d(autre d’autre que ce qu’il se fait »

-          Critique de l’inconscient freudien

 

 

 

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Dimanche 5 novembre 2006

 Un adage nous déconseille de servir deux maîtres à la fois. Pour le pauvre moi la chose est bien pire, il a à servir trois maîtres sévères et s’efforce de mettre de l’harmonie dans leurs exigences. Celles-ci sont toujours contradictoires et il paraît souvent impossible de les concilier ; rien d’étonnant dès lors à ce que souvent le moi échoue dans sa mission. Les trois despotes sont le monde extérieur, le surmoi et le ça.

Freud, Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse,


 

Consultez :  Cinq leçons de psychanalyse de Freud

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Affluents

L'île déserte


est l'un de ces motifs dont la littérature et le cinéma rafollent, une sorte d'expérience entre in vitro pour le pire des émissions de téléréalité (koh Lanta, Ile de la tentation, le Loft où l'ironie des producteurs aura réduit l'océan à une piscine gonflable !) et in vivo lorsque certains témoignages nous ramènent à la cruauté indépassable du réél.

Puisque Sartre voisine, il convient de préciser que  L'île déserte ajoute à l'idée de Huis Clos un état de nature sauvage et primitive, qui n'est pas sans conséquence sur le contenu des expériences vécues.

L'île déserte rappelle à l'homme surcivilisé que l'état de nature peut devenir le pire des bagnes (cf les histoires véridiques de Alexandre Selkirk qui inspira le Robinson de Defoe, l'enquête menée par Mike Dash sur les naufragés de la Batavia dans l'Archipel des Hérétiques ou encore le témoignage redoutable d'A. Corréard et J.B. Savigny, deux des naufragés de la Méduse, concept non-pâtissier d'île flottante).


Alors, laquelle des versions filmées de Robinson faut-il voir ? A vrai dire, aucune, et évitez à tout prix celle avec Tom Hanks ! Revenez plutôt au texte de Daniel Defoe ou mieux encore à la version plus récente de Michel Tournier, Vendredi ou les Limbes du Pacifique.

Préférez également la prestation impressionnante de Brando dans Les révoltés du Bounty de Lewis Milestone (1962).



Pour la version livresque, passez directement au tome 3 de l'Odyssée de la Bounty, la fameuse ile de Pitcairn, ce rocher désert où quinze hommes et douze femmes, Blancs et "Indiens" liés par le même destin, se réfugient donc, un beau jour de 1790, et y fondent une minuscule République.

Vous pourrez aussi vous référer au texte de Gilles Deleuze,  L'île déserte, malheureusement difficile à se procurer. Un peu plus distante de notre sujet, la lecture de La Fin du Voyage de P. Auriol s'avère néanmoins fort intéressante par les aspects philosophiques qui jaillissent de cette histoire du rétrécissement du monde au fur et à mesure des multiples explorations maritimes qui se sont succédées jusqu'à celles menées par le capitaine Cook, de la disparition de l'inconnu, et du début de l'uniformisation de la planète, aujourd'hui presque totalement achevée.

Et puique l'idée d'uniformisation m'incite à conclure, il faut reconnaître que l'industrie mondialisée  de l'image est quand même, parfois, capable de fournir des produits comestibles, comme la série Lost, qui, épisodiquement, conduit à des questionnements et des situations surprenants ... pour qui ne connaît ni Poe, ni Dick, ni Borges, ...


RECTIF. Un lecteur attentif de La Philo sss me rappelle le Robinson Crusoe de Bunuel (1953).
Vous trouverez ici une très bonne analyse des symptômes du monde originaire dans le cinéma de Bunuel.



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Des cartes pas très cartésiennes


DE LA RIGUEUR DE LA SCIENCE

"En cet empire, l´Art de la Cartographie fut poussé à une telle Perfection que la Carte d´une seule Province occupait toute une ville et la Carte de l´Empire toute une Province. Avec le temps, ces Cartes Démesurées cessèrent de donner satisfaction et les Collèges de Cartographes levèrent une Carte de l´Empire, qui avait le Format de l´Empire et qui coïncidait avec lui, point par point. Moins passionnées pour l´Etude de la Cartographie, les Générations Suivantes réfléchirent que cette Carte Dilatée était inutile et, non sans impiété, elle l´abandonnèrent à l´Inclémence du Soleil et des Hivers. Dans les Déserts de l´Ouest, subsistent des Ruines très abimées de la Carte. Des Animaux et des Mendiants les habitent. Dans tout le Pays, il n´y a plus d´autre trace des Disciplines Géographiques.
(Suarez Miranda, Viajes de Varones Prudentes, Livre IV, Chapitre XIV, Lérida, 1658.)"

J.L.Borges - Histoire universelle de l'infâmie


 

Kirsten Pieroth - The colour of the Seas (2002)
bouteilles en plastique, eau de mer

de gauche à droite : la mer Rouge, la mer Blanche, la mer Noire, la mer Jaune



"C´est une autre chose que nous avons apprise de votre Nation," dit Mein Herr, "la cartographie. Mais nous l´avons menée beaucoup plus loin que vous. Selon vous, à quelle échelle une carte détaillée est-elle réellement utile ?"
"Environ six pouces pour un mile."
"Six pouces seulement !" s´exclama Mein Herr. "Nous sommes rapidement parvenus à six yards pour un mile. Et puis est venue l´idée la plus grandiose de toutes. En fait, nous avons réalisé une carte du pays, à l´échelle d´un mile pour un mile !"
"L´avez-vous beaucoup utilisée ?" demandai-je.
"Elle n´a jamais été dépliée jusqu´à présent", dit Mein Herr. "Les fermiers ont protesté : ils ont dit qu´elle allait couvrir tout le pays et cacher le soleil ! Aussi nous utilisons maintenant le pays lui-même, comme sa propre carte, et je vous assure que cela convient presque aussi bien."

Lewis Carroll - Sylvie & Bruno



"Et les marins, ravis, trouvèrent que c´était une carte qu´enfin ils pouvaient tous comprendre 

"De ce vieux Mercator, à quoi bon Pôle Nord  Tropiques, Equateurs,  Zones  et    Méridiens ?"
Tonnait l´Homme à la cloche ; et chacun de répondre : "ce sont conventions qui ne riment à rien !

Quels rébus que ces cartes, avec tous ces caps et ces îles ! Remercions le Capitaine
de nous avoir à nous acheté la meilleure -
qui est parfaitement et absolument vierge !"


Lewis Carroll - La chasse au Snark

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