
désir d'autrui
Dans les années 60, l'acteur britannique Terence Stamp incarnait avec fulgurance ce charme démoniaque, et cette beauté sauvage, qui se lisent encore sur son visage. En le projetant au sein d'une famille riche, ce sont toutes les valeurs désuètes de la bourgeoisie italienne que Pasolini fait volet en éclats. La grâce trouble de cet étranger, émissaire divin, qui fait vaciller tour à tour chaque membre de la famille dans le péché, enrobe de mystère la nature profonde de chaque individu. Il les révèle à eux-mêmes, et les égare d'autant plus. Cette triste famille, enfermée consciemment dans des valeurs religieuses et morales, prend alors conscience de l'essence même de l'existence. L'amour et la passion dévorent leurs corps et leurs cœurs, et les rejette dans une culpabilité profonde dont ils ne peuvent s'absoudre. Ecrasés sous le poids d'une authenticité trop lourde à assumer, ils erreront vers d'autres horizons, sans jamais retrouver le bonheur de cet instant charnel partagé avec cet étrange visiteur. Rien ne viendra égaler ce moment, ni la mort, ni l'art, ni la luxure, ni même la religion. Rien ne se substitue à l'amour fugitif et dévorant. Peter Dourountzis
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Le désir

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le réél et le virtuel

La collaboration de Michel Gondry, RES, Warner Independent Pictures et Imeem, a donné lieu à un site communautaire intitulé howdoyoudream.com (en version anglaise uniquement).
C'est un moteur de recherche de rêve qui abouti à des extraits du film, en fonction des mots clefs rentrés.

Des tempéraments différents et des humeurs inconciliables ont eu raison de l'histoire d'amour entre Joel (Jim Carrey) et Clementine (Kate Winslet). Pour ne plus souffrir, elle a eu recours à un procédé libérateur, qui lui a permis d'effacer de sa mémoire tous les souvenirs qui la rattachent à Joel. Désespéré en apprenant cette nouvelle, il se résout à suivre le même traitement. Mais au fur et à mesure que les souvenirs s'effacent, il réalise à quel point il aime toujours la jeune femme...




Truman Burbank mène une vie tranquille, dans une petite ville paisible, remplie de gens sympathiques. Et pourtant Truman a envie de voir le monde, et de retrouver la fille dont le regard l'a envoûté. Mais tout semble contraindre Truman à rester là où il est, y compris les agences de voyage, qui affichent des photos d'avions accidentés. car Truman est en fait, bien malgré lui, la star d'une émission de télé-rélaité, et ce , depuis sa plus tendre enfance.

Thomas Anderson, un jeune informaticien connu dans le monde du piratage sous le pseudonyme Néo, est contacté via son ordinateur par ce qu'il pense être un groupe de pirates informatiques. Il lui font découvrir que le monde dans lequel il vit n'est qu'un monde virtuel, un logiciel appelé "la Matrice", et que tout ce qui est autour de lui n'est pas réél, ce n'est qu'une simulation neuro-active créée par les machines.
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Et ne perdez pas de vue que Tyler Durden était d'abord un nom dans le livre de Chuck Palahniuk avant d'être incarné par Brad Pitt dans un film.
La Matrice, avant d'être l'idée "génialement novatrice" des frères Wachowski, a été conçue dans le cerveau de l'auteur de science fiction William Gibson, qui l'a décrite dans le roman Neuromancien.
Lewis Carroll
De l'autre côté du miroir (1871),
trad. A. Bay, Marabout, p. 217-218
" Chut ! vous allez le réveiller, si vous faites tant de bruit.
- Mais, dit Tweedledum, cela ne sert à rien que vous parliez de le réveiller, puisque vous n'êtes rien qu'une chose de son rêve. Vous savez très bien que vous n'êtes pas reelle.
- Je suis réelle ! " protesta Alice. Et elle se mit à pleurer.
- Vous ne serez pas plus réelle parce que vous pleurerez, remarqua Tweedledee, il n'y a pas de raison de pleurer.
- Si je n'étais pas réelle, dit Alice, riant à moitié à travers ses larmes (tout cela semblait si ridicule), je ne pourrais pas pleurer.
- Vous ne supposez tout de même pas que ce sont de vraies larmes ?" interrompit Tweedledum d'un ton méprisant.
"Je sais qu'ils disent des absurdités, pensa Alice, et je suis bien sotte d'en pleurer. "
Alice au Pays des Merveilles traduit l’angoisse de l’être perdu dans un univers dont aucun élément n’est plus assuré. Le point posé par Descartes, le centre du Moi pensant, image de Dieu, le point d’intersection des deux axes de coordonnées, celui des X et celui des Y, a disparu. Et le doute qui en résulte est infiniment tragique .Cette préoccupation de l’identité même de l’être, de sa survivance, s’inscrit dans la ligne de la philosophie d’Héraclite et forme l’objet de l’entretien de la petite fille avec la chenille. Celle-ci, acariâtre ne cesse de lui demander : " Qui êtes-vous " Question à laquelle une réponse satisfaisante ne peut être fournie.
Comment parler de l’espace et lui faire confiance, quand on voit devant soi un chat assis sur une branche d’arbre ne pas cesser d’apparaître et de disparaître brusquement pour, au cours de sa manifestation, disparaître très lentement en commençant par le bout de la queue et ne laisser qu’un sourire, longtemps après que tout le reste du corps s’est évanoui.
Encore faudrait-il être certain que l’espace est le même des deux côtés du miroir. L’homme ignorant croit que, derrière le miroir, existe seulement le mur de briques, mais le professeur de mathématiques sait qu’il lui faut prolonger le tracé des rayons lumineux pour construire le paysage des images et des foyers virtuels. Ce monde, l’enfant et le primitif le tiennent pour le seul doté d’une véritable réalité, pour le lieu où se trouve la clé des phénomènes tangibles. Sans la prolongation arbitraire des lignes derrière le miroir, sans ce paysage abstrait, comment la science aurait-elle pu établir l’optique, calculer les lois de la réflexion et, matériellement, construire les lentilles ? La métaphysique traditionnelle n’est-elle pas autre chose qu’une évaluation des images virtuelles. Un être vraiment raisonnable, comme sait l’être une petite fille, ne peut se contenter d’apparences et n’a d’autres moyens de vérifier les sentencieuses affirmations des grandes personnes que de traverser le miroir.
C’est ainsi qu’Alice pénètre dans l’autre espace ; elle n’y trouve pas d’idées abstraites, pas de morale ennuyeuse, mais un univers poétique où les fleurs parlent, les animaux s’agitent suivant leur propre logique, où les pièces du jeu d’échecs développent un jeu infiniment plus vivant que sur le banal quadrillage de bois, bref, un monde qui ressemble à celui du rêve. Les traités philosophiques les plus graves disent-ils davantage de la réalité que ces quelques phrases au sujet du roi.
Collection Cahiers du cinéma/DR
Cliquez pour consulter :
"Toute œuvre d'art tend, à vrai dire, à nous montrer la vie et les choses telles qu'elles sont dans leur réalité, mais telles aussi que chacun ne peut les saisir immédiatement à travers le voile des accidents objectifs et subjectifs. C'est ce voile que l'art déchire."
Schopenhauer. Le Monde comme Volonté et comme Représentation.
— (…) Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière ; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés de sorte qu'ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête ; la lumière leur vient d'un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux ; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.(…)
Pour consulter la suite de ce texte, CLIQUEZ :
« Allégorie de la caverne », République, Livre VII.
« Le Mythe de la Caverne » dans Matrix
"Tu prends la pilule bleue, l'histoire s'arrête là, tu te réveilles dans ton lit, et tu crois ce que tu veux. Tu prends la pilule rouge, tu restes au Pays des Merveilles et je te montre jusqu'où va le terrier. La matrice est partout, tout autour de nous, elle nous enveloppe, même dans cette pièce. Tu peux la voir quand tu regardes par la fenêtre ou quand tu allumes la télévision... C'est le monde qu'ils ont mis devant tes yeux pour t'empêcher de voir la vérité. Tu es un esclave, Néo, comme tout le monde, tu es né en captivité dans une prison de l'esprit que tu ne peux ni sentir, ni toucher, ni goûter. La matrice est un système, Néo, et ce système est notre ennemi. Mais lorsque tu vas à l'intérieur et que tu regardes autour de toi, que vois-tu ? Des hommes d'affaires, des avocats, des professeurs, des menuisiers… Ce sont tous les êtres que nous sommes en train d'essayer de sauver. Mais en attendant que nous réussissions, ces êtres font toujours partie du système, et cela en fait nos ennemis potentiels. Que veut dire réel ? Comment définis-tu la réalité ? Si tu penses à ce que tu peux sentir, toucher, goûter et voir, alors le réel n'est rien de plus que des signaux électriques interprétés par ton cerveau. C'est ça le monde que tu connais. La Matrice ! "
Morpheus
The Matrix est un film de science-fiction réalisé par les frères Wachowski (Andy et Larry) et sorti en 1999.
Les choses de la vie
de Claude Sautet (1970).
Avec Romy Schneider
Photo : Jean-Pierre Fizet -Collection Cahiers du cinéma/DR
Vous souhaitez une séance de répétition
avant le devoir sur table ?
Il ne tient qu’à vous de déplier- replier ce texte ; vous pouvez me remettre vos copies mardi, et nous en discuterons vendredi.
Alors, bon courage et n’oubliez pas d’être méthodique !
La philosophie n’est pas l’art, mais elle a avec l’art de profondes affinités. Elle regarde la réalité nue et sans voile. Voir avec des yeux de peintre, c’est voir mieux que le commun des mortels. Lorsque nous regardons un objet, d’habitude, nous ne le voyons pas : parce que ce que nous voyons, ce sont des conventions interposées entre l’objet et nous ; ce que nous voyons, ce sont des signes conventionnels qui nous permettent de reconnaître l’objet et de le distinguer pratiquement d’un autre, pour la commodité de la vie. Mais celui qui mettra le feu à toutes ces conventions, celui qui méprisera l’usage pratique et les commodités de la vie et s’efforcera de voir directement la réalité même, sans rien interposer entre elle et lui, celui-là sera un artiste. Mais ce sera aussi un philosophe, avec cette différence que la philosophie s’adresse moins aux objets extérieurs qu’à la vie intérieure de l’âme !
BERGSON Henri, La pensée et le mouvant
Platon, Ménon, 80 b
«Socrate, avant même d'être en relations avec toi, j'avais bien entendu dire que tu ne fais rien d'autre que douter toi-même et qu'amener les autres à douter ; et, à présent, telle est l'impression que tu me donnes : me voilà ensorcelé par toi, j'ai bu ton filtre magique, je suis, c'est bien simple, la proie de tes enchantements, si bien que je suis maintenant tout embarrassé de doutes ! A mon sens (...) tu es, de tout point, tant par ton extérieur qu'à d'autres égards, on ne peut plus semblable à cette large torpille marine qui, comme on sait, vous plonge dans la torpeur aussitôt qu'on s'en approche et qu'on y touche .»
ECOUTER !
Le 30 septembre approche !
Vous allez bientôt vous lancer dans l’explication de texte ;
alors ne perdez pas de temps, consultez ces quelques corrigés
à propos du texte d’Aristote :
Métaphysique A, L’étonnement philosophique
est l'un de ces motifs dont la littérature et le cinéma rafollent, une sorte d'expérience entre in vitro pour le pire des émissions de téléréalité (koh Lanta, Ile de la tentation, le Loft où l'ironie des producteurs aura réduit l'océan à une piscine gonflable !) et in vivo lorsque certains témoignages nous ramènent à la cruauté indépassable du réél.
Puisque Sartre voisine, il convient de préciser que L'île déserte ajoute à l'idée de Huis Clos un état de nature sauvage et primitive, qui n'est pas sans conséquence sur le contenu des expériences vécues.
L'île déserte rappelle à l'homme surcivilisé que l'état de nature peut devenir le pire des bagnes (cf les histoires véridiques de Alexandre Selkirk qui inspira le Robinson de Defoe, l'enquête menée par Mike Dash sur les naufragés de la Batavia dans l'Archipel des Hérétiques ou encore le témoignage redoutable d'A. Corréard et J.B. Savigny, deux des naufragés de la Méduse, concept non-pâtissier d'île flottante).

Pour la version livresque, passez directement au tome 3 de l'Odyssée de la Bounty, la fameuse ile de Pitcairn, ce rocher désert où quinze hommes et douze femmes, Blancs et "Indiens" liés par le même destin, se réfugient donc, un beau jour de 1790, et y fondent une minuscule République.
Vous pourrez aussi vous référer au texte de Gilles Deleuze, L'île déserte, malheureusement difficile à se procurer. Un peu plus distante de notre sujet, la lecture de La Fin du Voyage de P. Auriol s'avère néanmoins fort intéressante par les aspects philosophiques qui jaillissent de cette histoire du rétrécissement du monde au fur et à mesure des multiples explorations maritimes qui se sont succédées jusqu'à celles menées par le capitaine Cook, de la disparition de l'inconnu, et du début de l'uniformisation de la planète, aujourd'hui presque totalement achevée.
RECTIF. Un lecteur attentif de La Philo sss me rappelle le Robinson Crusoe de Bunuel (1953).
Vous trouverez ici une très bonne analyse des symptômes du monde originaire dans le cinéma de Bunuel.
"En cet empire, l´Art de la Cartographie fut poussé à une telle Perfection que la Carte d´une seule Province occupait toute une ville et la Carte de l´Empire toute une Province. Avec le temps, ces Cartes Démesurées cessèrent de donner satisfaction et les Collèges de Cartographes levèrent une Carte de l´Empire, qui avait le Format de l´Empire et qui coïncidait avec lui, point par point. Moins passionnées pour l´Etude de la Cartographie, les Générations Suivantes réfléchirent que cette Carte Dilatée était inutile et, non sans impiété, elle l´abandonnèrent à l´Inclémence du Soleil et des Hivers. Dans les Déserts de l´Ouest, subsistent des Ruines très abimées de la Carte. Des Animaux et des Mendiants les habitent. Dans tout le Pays, il n´y a plus d´autre trace des Disciplines Géographiques.
(Suarez Miranda, Viajes de Varones Prudentes, Livre IV, Chapitre XIV, Lérida, 1658.)"
J.L.Borges - Histoire universelle de l'infâmie

Kirsten Pieroth - The colour of the Seas (2002)
bouteilles en plastique, eau de mer
"Et les marins, ravis, trouvèrent que c´était une carte qu´enfin ils pouvaient tous comprendre
"De ce vieux Mercator, à quoi bon Pôle Nord Tropiques, Equateurs, Zones et Méridiens ?"
Tonnait l´Homme à la cloche ; et chacun de répondre : "ce sont conventions qui ne riment à rien !
Quels rébus que ces cartes, avec tous ces caps et ces îles ! Remercions le Capitaine
de nous avoir à nous acheté la meilleure - qui est parfaitement et absolument vierge !"