Dimanche 4 mars 2007
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Un événement est un fait qui sort de l’ordinaire. Pour peu qu’il ait une incidence sur le cours des choses, qu’il soit l’objet de représentations qui l’autonomisent par rapport au fait initial, il devient «un moment historique», à la mesure spatiale et temporelle de son impact. Ainsi les images, comme les discours, sont «acteurs de l’histoire». Mais leur rôle a bien sûr évolué au fil du temps et des mutations techniques, culturelles et politiques. Tel est le propos de l’exposition du Jeu de Paume, qui déploie les représentations visuelles de cinq événements, de natures très hétérogènes, qui se sont échelonnés depuis le milieu du XIXe siècle, date de l’entrée de l’image dans l’ère industrielle, jusqu’à la société d’information actuelle.
Extrait de http://www.paris-art.com/expo_detail-3867-ruff.html
La chute du mur de Berlin, ou l'histoire en direct
Rares sont les événements qui se vivent de façon immédiate. De ce point de vue, la chute du Mur de Berlin, au soir du 9 novembre 1989, est exemplaire. La télévision relayant dans le monde entier ce moment historique en temps réel. «Mais là où c’est encore plus intéressant, précise Michel Poivert, c’est que les acteurs de cet événement autrement dit les Berlinois utilisent totalement les media et le direct».
Autrement dit, ils mettent en scène leur révolution, conférant aux images et autres reportages un sens, une portée politique dépassant de loin le simple exposé des faits : «ça s’appelle le présentisme, ajoute-t-il, ou comment le présent est vécu comme immédiatement historique». Mieux, à peine la frontière tombée, les Berlinois se mettent à commercialiser des fragments du Mur faisant ainsi de cet événement en cours, déjà un souvenir. Et Michel Poivert de conclure, «La chute du Mur de Berlin, c’est la compression de tous les temps : le temps de l’action, le temps de l’histoire et le temps de la mémoire». Quant au visiteur de l’exposition, il découvre l’envers du décor avec tous ces projecteurs installés aux alentours de la Porte de Brandebourg, là où le mur était le moins haut et où, donc, tout le monde pouvait monter dessus. Le retour du peuple souverain.
Extrait d’un article sur l’exposition Evénement, les images acteurs de l’histoire présentée au Jeu de Paume à Paris